
Le visuel sur les planches de l’Opéra
Direction : Pierre Sérié
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Ces vingt dernières années, des chercheurs chevronnés ont mis à jour les ensembles exceptionnels conservés dans les fonds parisiens concernant l’aspect visuel des représentations sur les théâtres nationaux lyriques ou non. Esquisses ou maquettes de décors et croquis de costumes, une fois inventoriés, redonnés à leurs auteurs et réaffectés aux ouvrages pour lesquels ils furent créés, restait à interroger cette production pléthorique d’un point de vue artistique. Ce chantier, à la croisée de l’histoire de l’art et de la musicologie, entend, non seulement, s’attacher à l’étude formelle de cette catégorie « mineure » de la création picturale au xixe siècle (dégager des styles, des écoles, des thématiques), mais aussi – et peut-être surtout – rétablir l’opéra (le « grand opéra » à la française) dans sa dimension pluridisciplinaire, cet aspect « oeuvre d’art totale » salué par les romantiques de 1830. Le soin apporté au visuel, à travers la notion de « tableau » (décors, scénographie), constitue bien une des spécificités de la représentation lyrique au XIXe siècle. Véritable spectacle, l’opéra se nourrit de la peinture sous la forme savante et traditionnelle du tableau de chevalet (peinture d’histoire ; peinture de genre) ou sous des espèces à la fois moins nobles et plus modernes (panorama, diorama). C’est cette synthèse inédite qu’il convient d’examiner à travers tous les instruments de connaissance actuellement disponibles dont, au premier chef, la presse illustrée.
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