Festival Antiquité, mythologie et romantisme

Cantates maçonniques?

Programme du concert
Luigi CHERUBINI
Amphion
Ecce panis angelorum
Chant sur la mort de Haydn
Wolfgang Amadeus MOZART
Maurerische Trauermusik
Die Maurerfreude
Laut verkünde unsre Freude
Interprètes
KÖLNER AKADEMIE
Michael Willens, direction

Andreas Karasiak, ténor
Jan Kobow, ténor
Thilo Dahlmann, basse
Mythologique ou légendaire, le héros des temps antiques s’illustre par son abnégation, laquelle prend valeur de symbole politique. Renaud, Thésée ou Hercule sont autant de stéréotypes déclinables à l’infini sur les scènes d’opéra.

Avec l’apparition du héros médiéval, le personnage évolue : il suscite l’admiration des populations en relayant la fusion des pouvoirs régulier et séculier. Il légitime, par son courage et ses vertus chevaleresques, la domination qu’il exerce. Lancelot, Siegfried, Jeanne d’Arc et même Robin des Bois sont, à l’époque romantique, chantés sur la scène comme dans les salons. Les héros antiques et médiévaux cèdent alors la place aux héros historiques, plus volontiers martyrs et suppliciés. Marie Stuart, tout autant que Cléopâtre ou Guenièvre, déplace sur la figure féminine un intérêt croissant pour la souffrance psychologique. L’opéra et le roman laissent alors libre cours à la fantasmagorie en inventant le héros fictionnel, à qui rien n’est interdit.

Le grand opéra français de Meyerbeer fonde toute sa puissance émotionnelle sur ces personnages au passé inconnu et à l’avenir incertain. Le souvenir des grandes découvertes et l’époque de l’industrialisation donnent finalement au monde une nouvelle sorte de héros : l'aventurier. De Christophe Colomb de David à Vasco de Gama de Bizet, la très conceptuelle « ode-symphonie » relaye l’opéra dans son pouvoir d’évocation : la frontière entre expressions religieuses et opératiques se trouble, au profit d’un héros-dieu devenu insondable.
In partenariato con la Sagra Musicale Umbra